L’ARTISTE

A PROPOS D’ANNE-LAURE BOYER :

ATLAS OCULTO – 100 villages engloutis sous les eaux, projet en cours depuis 2012

www.annelaureboyer.com

Après une formation à l’Ecole des arts-décoratifs de Strasbourg (diplôme Beaux-Arts), Anne-Laure Boyer travaille depuis 2005 sur la mémoire des lieux et des personnes qui les traversent. Avec la photo, la vidéo, la collecte de paroles, d’histoires et d’objets, elle porte un regard à la fois sensible et critique sur notre rapport au temps, à l’oubli et à la transformation des paysages. Originaire de Paris et basée à Bordeaux depuis 2006, elle a travaillé en France, en Espagne et au Maroc, sur différents territoires confrontés à des situations de rupture comme la démolition de logements sociaux, la vie en maison d’enfants, les friches urbaines et les villages engloutis dans les barrages hydrauliques.

« Il y a des gens qui arrivent et des gens qui partent. Des gens qui s’attachent et se détachent, s’ancrent et s’arrachent. De ces mouvements intimes qui nous lient à un lieu, Anne-Laure Boyer tisse une constellation d’architectures provisoires, de reliques et de maquettes, de trésors, de cabanes. Lieux laissés derrière soi, dans le désir ou l’urgence ou bien lieux minuscules, images mentales, objets symboliques sans cesse réinventés pour se créer, partout, des refuges. (…) Cette attention à ce qui s’édifie et à ce qui s’enterre, à ce que recouvrent les bâtiments et à ce qu’ouvre leur disparition traverse toute son œuvre ; sensible aux politiques sociales et urbaines, à la parole des habitants et à leur place dans l’espace des villes — comment ils s’y logent, comment ils s’inscrivent dans ces lieux qui nous transforment à mesure que nous les façonnons. (…) Arpenter, recueillir, transformer. Encore une fois, déménager. Réactiver. Ne pas se contenter du souvenir mais permettre aux espaces de muter, de migrer vers un autre coin de la mémoire, plus flottant, plus durable aussi puisqu’ils deviennent des pans entiers de nos fictions intimes. (…) Le processus est, en lui-même, un perpétuel déménagement puisque dans la recherche de l’artiste loge, en filigrane, sa propre quête d’un refuge qui se fabrique dans le dépaysement. »

Hélène Gaudy, Architectures provisoires, à propos du travail d’Anne-Laure Boyer

 

 

 

 

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